Arrivée à 8h à l’aéroport de Singapour. Un tampon vient encrer mon passeport d’un joli rectangle, histoire que je me souvienne bien du samedi 1er janvier 2005. Comment pourrais-je seulement oublier les petits bonbons dans leur papier coloré, offerts gracieusement à la douane… Du coup, je suis plus détendue. J’ai l’impression d’être la bienvenue. Stéphane parvient même à immortaliser le panier de douceurs. Le douanier lui demande gentiment de s’abstenir (Nous avons observés depuis, le refus catégorique de beaucoup de gens à être pris en photo).
L’aéroport est très accueillant et nous prépare déjà, depuis ses palmiers, à un décor autrement plus exotique.
Nous prenons le métro. Place nette, rien ne traîne. Ca brille. On peut s’amuser de quelques commandements imagés et des amendes qui occasionnées en cas de non respect. Ainsi, si vous mangez, buvez, fumez détériorez ou ramener du durian (c’est un fruit à l’odeur plutôt dérangeante), cela peut vous coûter entre 500$S et quelques 6000$S ! Ca calme.
Enfin le wagon arrive. La même pub est placardée au-dessus, à côté des portes, sur les fenêtres : « Mangez et buvez sain, faîtes du sport 30mn par jour, 5/7 jours ». Il n’y a pas de séparation entre chaque wagon. Je vous laisse imaginer le matraquage visuel… Nous effectuons un changement. Nouvelle campagne publicitaire. Nous nous posons une question : vaut-il mieux avoir un tas de merde à lire (le mot est faible) incitant à la consommation de masse ou une simple pub placardée et dont le message dit « Faites-ci, faites ça … pour votre santé » ? (Bon en même temps, il n’y a pas que des appels à la santé !)
Bref, nous nous arrêtons à la station Bungis, qui se situe dans le quartier « Little India » et où nous décidons de passer la nuit. Pour les accrocs du budget, le trajet (aller simple) nous aura coûté 2.40 $S chacun (dollars de Singapour), soit environ 1.20€. Les distributeurs de tickets sont faciles d’utilisation. Un plan du réseau y est dessiné et vous avez juste à appuyer sur la station de votre choix afin de payer et obtenir votre carte. Une carte en plastique dont il faut prendre soin, car le tarif comprend 1$S de caution (rendu lors du prochain trajet).
Tout cela je peux vous le dire parce qu’un homme nous a aidés instantanément tandis que notre billet de 5$S se voyait refusé pour la 7ème fois ! Ces attentions là sont les plus appréciables. Ceci dit, nous savons désormais qu’il nous sera impossible de nous perdre même avec la plus grande des volontés ! Prendre le métro est d’une simplicité à toute épreuve, le trouver est une autre affaire. Mais quel plaisir de marcher à travers la ville, parmi ces personnages hauts en couleur.
La population de Singapour est en effet un subtil mélange de malais, de chinois, d’indiens et autres occidentaux. L’anglais y est une langue obligatoire. Parfois cependant, des petites dames et des bons hommes s’excusent de ne pas nous comprendre avec un sourire gêné. Little India est un quartier très sympa. Il y a des colliers de fleurs un peu partout, des étales de fruits odorants, certains que je n’ai jamais vus (la fleur de banane par exemple ou peut-être que je ne sors pas assez le dimanche !). Des restaurants où l’on mange avec le plaisir du toucher, des rues souriantes avec ses véhicules rapides. Ici un homme à vélo discute avec ses deux passagères, et juste derrière, c’est un homme à motocyclette qui cause à ses deux passagères sur les rythmes festifs du poste de radio. Humeur bon enfant. L’harmonie règne ici.
Puis, voilà l’auberge. Il y a eu fête la veille, le trottoir en témoigne.
Règle première: tu enlèveras tes chaussures à l’entrée (pour éviter d’introduire des oeufs de cafards…je n’en ai vu qu’un dans l’auberge, il était mort, gras mais mort).
Deuxième règle : Tu n’auras pas peur d’aller dans les douches mixtes (il y a quand même une porte pour chaque douche qui doit pouvoir aussi faire office de vestiaire… soyez dégourdis ou plein d’imagination – Stéphane s’est retrouvé face à une naïade sans vêtement hier…). Troisième règle : Tu auras droit à 3Omn d’Internet gratuit par jour.
Cette auberge est très sympa et s’est agrandie dans une rue proche, une sorte d’annexe où nous nous retrouvons donc, pour la deuxième nuit. Car enfin, nous devions partir ce matin et… Stéphane n’en peut plus d’en rire, j’ai décidé de donner un peu de couleurs aux toilettes (que je devais trouver trop ternes). Heureusement, nous sommes bien équipés… Pansement gastrique, médoc pour balayer les éventuels virus, puis Immodium et ça repart. Pour ceux qui n’ont pas compris (faut-il que je fasse un dessin ?), attention aux plats dits peu épicés qui peuvent vous faire connaître de terribles souffrances stomacales et provoquer un second effet Kiscool.
Demain, si j’ai fini de repeindre les toilettes et si les crises de rire de Stéphane s’arrêtent, nous pourrons enfin nous aventurer plus à l’est, en Malaisie, sur l’île de Tioman (qu’on dit paradisiaque sauf à cette période l’année… il pleut comme vache qui pisse – dixit Stéphane avant d’arriver « il ne pleut qu’une heure par jour »…eh bien non, il pleut 23h par jour !).
Ca y est… Stéphane vient me voir et me dit « Il faut qu’on y aille, ils ont besoin de nous ». Aide humanitaire ? Il faut que j’aille causer avec mon compagnon de voyage… Et ou kil est je vous le demande?! Il est parti verifier les raccords de peintures dans les toilettes ! " Ca chaufe dans le tuyau" me dit-il... on est bons pour une cure.